Cati, artiste peintre, vit et travaille à Sète, petite ville au bord de la méditerrannée. Originaire du ‘pays de la Mirabelle’, la Lorraine, elle avait vu sa passion de la peinture contrariée. Cati a ensuite rattrapé le temps perdu en montant plus au Nord, à Bruxelles, afin d’y acquérir une formation technique prestigieuse : celle de l’Institut Supérieur de Peinture Van Der Kelen & Logelain, qui lui a décerné une Médaille d’Or de peintre décorateur de trompe-l’œil. Une fois acquise, donc, la technique des peintres flamands, ceux que l’on appelait les « peintres d’objet », comme Van Eyck qui maîtrisait si bien les glacis et donnait à la transparence un effet de matière, elle est venue chercher la lumière à Sète, l’île singulière, patrie de Brassens, Vilar, Paul Valéry, Soulage, Desnoyer, Combas, Di Rosa...
Aujourd’hui, elle perpétue les techniques anciennes (la colle de « peau de lapin » pour maroufler la toile de lin sur une plaque de bois, l’enduit préparatoire et la première couche d’impression), applique les règles d’harmonie de ces matières pour y peindre, à l’huile, son univers fait de profondeur et d’apparence.
Ses tableaux ne semblent pas figuratifs ; ils sont une évocation d’éléments mouvants et imbriqués : le végétal et l’aquatique ; le ligneux et l’ondoyant ; des coins de ciel et des mottes de terre ; la dureté du marbre et le soyeux de l’étoffe. Les consistances sont solides, liquides, rugueuses ou lisses, aériennes ou gazeuses. Cet ancrage profond dans la matière rend à l’œil une impression primitive devant des substances qui entrent en correspondance par les harmonies de couleurs. La sérénité, le calme et la puissance de ses toiles poussent à scruter le détail des matières.
Ce parcours pictural éclair et réussi a permis à Cati de se trouver une parenté ignorée, une sensibilité infuse avec l’Asie : d’abord avec Zao-Wou-Ki, peintre chinois et parisien, avec le Japon ensuite où elle connaît depuis 2001 un joli succès.